Brèche de Tuquerouye 2666m

Alors est-ce vraiment la plus belle vue des Pyrénées comme certains l’affirment ? Allons vérifier.

Départ du parking des Gloriettes, quasi pleins de bon matin. Je passe sur la beauté du paysage, sur le nombre de marmottes au m², sur les multiples fleurs bordant le sentier: les mots me manquent. Restons concentrés sur le parcours: 1er bifurcation on prend à droite (panneau jaune), classique. Puis, bien moins classique, à gauche à la suivante (Altitude 1850m, juste au dessus des ruines de la cabane de Labassa sur la carte IGN).
Nous prenons alors tout droit un vieux sentier, magnifique, sauvage et sans aucun doute le sentier le plus rapide pour rejoindre la borne de Tuquerouye (voir trace GPS).
On aurait pu continuer vers la Hourquette d’Alans puis bifurquer ensuite sur le sentier classique menant à la borne de Tuquerouye, mais non, on aime l’authentique et surtout, la tranquillité. Alors bien sûr, rien n’est parfait et ce vieux sentier requiert de bonne capacité d’orientation, car parfois, oui, il disparait pour reprendre un peu plus loin (quelques cairns trainent par ci par là).
Cependant, il finit par nous hisser pile-poil sous la borne de Tuquerouye où on rejoint le sentier menant au Port Neuf de Pinède.
Alors je vous vois venir « Quoi ?! Port Neuf de Pinède !!! Mais on va à la brèche, nous ». Pas de problème: de là on peut rejoindre très facilement le sentier menant à la brèche (voir de nouveau la trace gps). Ensuite, les choses sérieuses commencent.

On se traine à la base du couloir de Tuquerouye à travers de gros blocs. On attaque les éboulis croulants (en cette année caniculaire, sinon la neige, voir la glace) jusqu’à une partie rocheuse avec de nombreuses prises.
On range les bâtons et on attaque « l’escalade » jusqu’au refuge. Cette partie est plutôt sympa, même si on ne peut s’empêcher de penser, déjà, à la descente.
L’arrivée sur le refuge provoque deux réactions, l’une après l’autre: d’abord la dilatation des yeux vu la beauté du paysage, puis la dilatation des narines suite à l’effort. C’est la deuxième réaction qui peut en entrainer une troisième chez les sujets les plus fragiles: des vomissements.
Pourquoi me direz-vous ? Et bien le refuge occupe un espace important dans cette brèche, ne laissant que bien peu de place aux montagnards dormant là, pour déposer leurs petites crottes et autres pipi qui se trouvent alors concentrés pile-poil à l’endroit où vous vous redressez après l’escalade (oui, regardez bien vos mains, oupsss trop tard !).
Accrochez-vous bien pour ne pas tomber à la renverse tant l’odeur est horrible !

On se dépêche donc de prendre des photos et on se promet d’investir non pas dans des casques, mais dans des masques à gaz pour la prochaine ascension. Bon, alors c’est vrai, je vous le confirme, c’est bien la plus belle vue des Pyrénées. La combinaison du ciel, du Mont Perdu et du lac glacé est vraiment somptueuse.
Je ne parlerai que très peu de la descente, pour ne pas vous faire peur … bon d’accord !
Y’a difficilement pire. Casque conseillé, voir armure de chevalier, le tout accompagné d’un bout de corde de 15 ou 20 mètres, peuvent aider (des pitons sont posés et en bon état). Çà passe sans, mais la descente prend alors autant de temps que la montée. Retour par le même itinéraire, toujours aussi charmant.

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