Les 3000

Mont perdu 3355m

La balade du jour: le Mont Perdu, depuis le col des tentes, à la journée. Vous laisserez cependant les enfants à la voiture: ils risquent de mal supporter les 26 kilomètres et les un peu plus de 1800m de dénivelé cumulé. Mais cette voie, bien que longue, à le mérite d’offrir l’accès le moins fréquenté au Mont Perdu: seulement 6 personnes entre le pas des Isards et l’étang glacé à l’aller, alors que dans les voies les plus classiques, on se suit en file indienne jusqu’au sommet.

J’avais promis la semaine dernière de prendre moins de photos (on avait perdu une bonne heure…), c’est donc au pas de course que nous rejoignons la brèche de Roland (je vous laisse voir ici pour l’accès à cette dernière).
Une fois la brèche de Roland passée, nous bifurquons à gauche en direction du pas des Isards où nous constatons la présence d’une nouvelle chaine, plus longue que l’ancienne mais surtout mieux fixée. Et c’est tant mieux car le rocher commence à être patiné, ce qui rend ce passage plus casse gueule qu’avant.
Après avoir longer la muraille, on bifurque à droite pour passer sous la Tour du Marboré, on remonte par sa cheminée facile, puis on passe sous le col de la Cascade. On rejoint ensuite le point bas d’une barre rocheuse: parcours commun jusqu’ici avec celui du Marboré.

Une fois cette barre franchie, contrairement au trajet vers le Marboré, nous prenons sur la droite afin de rejoindre les contreforts du Cylindre du Marboré (Attention: ne prenez pas le col du Cylindre, pas du tout la même chose), que nous contournons par le sud sur un sentier facile (si tout le trajet pouvait être comme ce sentier…) qui nous amène à l’étang glacé.
De là, nous rejoignons les deux voies les plus connues pour accéder au sommet du Mont Perdu: celle venant de Goriz et celle venant de Tuquerouye.
Beaucoup de monde, et forcément le nombre d’idiots au m² qui augmente en proportion: un idiot-en-short-galopant-ka-la-descente (une espèce de plus en plus courante) vient s’écraser comme un … idiot au pied d’une pauvre femme enveloppée dans une couverture de survie (oui, ça se passe pas toujours bien pour tout le monde l’ascension…). L’idiot regarde les traces sur ses guiboles, il a bobo le bougre. La pauvre femme enveloppée dans sa couverture, reste bouche bée devant tant … d’idioties.
Le parcours est évident comme dans une file d’attente d’un parc d’attraction, nous, on ingurgite la montée en vitesse pour arriver au sommet en 5H15 depuis le col des tentes.

Du sommet, quelle vue, je ne m’amuserai pas à énumérer le nombre de sommets visibles depuis le Mont Perdu: ça va vite vous fatiguer ! Je préfère vous signaler qu’en haut du sommet il existe une boite aux lettres en métal (un peu le même métal que le refuge des Sarradets, mais en plus solide) sur laquelle on peut lire « Monte Perdido 3355m », au cas où vous atterririez ici par hasard et sans savoir où vous vous trouvez…

Retour par le même itinéraire. On casse la croute à l’étang glacé. Ensuite, lorsqu’on rejoint la bifurcation avec le Marboré, on se pose la question de faire l’épaule du Marboré, seul sommet du cirque de Gavarnie nous manquant. Prudent (surtout crevé), je préfère assurer le retour en prétextant le danger de rentrer dans le brouillard: les nuages coté français tentent de dépasser les cimes frontalières.
Nous rencontrons justement un groupe d’idiot-en-short-galopant-ka-la-descente revenant de l’épaule du Marboré. Ils nous expliquent qu’ils vont maintenant enchainer avec la Tour et le Casque, un beau programme. Nous les suivons, puis les rattrapons (et oui, le sentier remonte un peu)
Et là, une chose incroyable se produit: alors que le sentier descend doucement pour passer sous le col de la Cascade, les idiot-en-short-galopant-ka-la-descente remontent sans s’en rendre compte le long des contreforts de l’épaule (sommet qu’ils viennent de descendre). Nous continuons à avancer en se gardant bien de les suivre, et au niveau du col de la cascade on entend des cris d’idiot-en-short-galopant-ka-la-descente demandant par où on descend de la Tour… nous continuons notre retour en ce demandant comment leur faire comprendre l’intérêt d’une carte…

La suite n’est qu’une routine, qui pique un peu, surtout lorsqu’il s’agit de remonter du pas des Isards à la brèche: pépé tire la langue sur les derniers mètres (galère l’arthrose). De la brèche de Roland, on se laisse glisser (parfois en sens propre), jusqu’au refuge.
J’en ai une bien bonne à propos du refuge des Sarradets et des travaux interminables: il est cassé… Si si, il est tout cassé le refuge presque neuf, à cause d’une avalanche. Toiture endommagée, façade tordues, fenêtres arrachées. Il a même été envahit par des mètres cubes de neige. Heureusement, personne n’était dedans justement à cause du retard des travaux… Très rassurant d’imaginer un gros dodo dans un refuge qui ne résiste pas aux avalanches. La façade est en acier corten: je vous laisse regarder sur internet les avantages / inconvénients d’un tel choix…
Col des Sarradets, cascade, Port Boucharo, avec un petit détour pour aller voir des dizaines de vautours dépecer un mouton en 20 minutes. Et enfin, le parking, après 11H00 de balade: un rêve de réalisé, et encore un !

2 commentaires
  • arnaud

    Bonsoir Michael
    après les fajas il y a qq jours vous ne quittez plus le secteur 🙂
    J’avais fait un circuit approchant brèche/étang glacé/mont perdu/ Gorriz puis bivouac non loin du Descagador (je ne suis pas certain du nom)….c’est effectivement long! Le nouveau balisage sous la Tour ne dévisage pas l’endroit …et n’est peut être pas superflu, Perso si j’avais été seul je ne sais pas si j’aurais trouvé le cheminement…
    Vos photos sont superbes, mêmes si vous les faites un peu plus rapidement! Je retrouve le grain et les couleurs du Cylindre qui m’avait marqué et dont je garde un trés beau souvenir.
    Merci de ce partage. Frédéric
    Frédéric

  • Elkami

    Merci pour votre message.
    Très bien intégré au paysage, le balisage sous la Tour 😉

    Les belles photos sont plus faciles à faire ici qu’ailleurs: tout est beau dans ce coin. Et effectivement, les contrastes de couleurs sont saisissants au niveau du cylindre.

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