Balaïtous 3144m

Troisième visite au Balaïtous, cette fois-ci, nous allons tenter la version « longue »: son ascension dans la journée.

Petit avertissement étant donnée le nombre de blessés (et de morts) dans le massif du Balaïtous:
Ce sommet n’est pas à prendre à la légère, même en le réalisant sur deux jours depuis Laribet, vous aurez à marcher de 7 à 8 heures et à monter 1500m sur un terrain difficile, qui réclame une vigilance absolue et qui comporte des passages exposées. Réservés aux montagnards aguerris.
Ce lundi, la guardia civil a retrouvé le corps du jeune montagnard espagnol (20ans) perdu de vue depuis vendredi. Nous avons une pensée pour ses proches.

Il fait bien frais ce matin, à peine 5°C au niveau du lac du Tech. Nous partons du parking de la maison du parc. Deux pêcheurs sont déjà en action au lac de Suyen. Nous passons près des cabanes de Doumblas et montons vers la Claou.

Petite pause café au refuge où règne une bonne ambiance. Quelques bambins gambadent autour du refuge. Un hélicoptère de la guardia civil survole la grande diagonale du Balaïtous.

Nous repartons vers les lacs de Batcrabère, puis vers les lacs de Micoulaou. De ces lacs, nous montons plein sud en direction de la brèche des ciseaux (le col noir est à éviter maintenant, à cause du manque de neige). C’est alors que nous croisons un gars descendant avec les tibias en sang, puis quelques minutes plus tard, un autre avec la main écrasée par un rocher. Avantage certain: on peut suivre facilement le sentier … tacheté de sang.

Pour rejoindre la brèche des ciseaux, je conseille d’escalader les rochers sur la droite, on évite ainsi les éboulis croulants. Après avoir basculé côté espagnol, on rejoint le rocher du déjeuner puis l’abri Michaud. Débute alors une montée pénible dans les éboulis jusqu’à la crête frontalière.

Nous arrivons en bas de la grande diagonale, enfin la partie fun. Aucun danger en absence de neige, juste de la vigilance sur les parties les plus raides afin d’éviter de faire chuter (ou de recevoir) des pierres. Avoir un peu de bon sens et laisser passer les groupes qui descendent vous évitera bien des problèmes (les problèmes peuvent ici faire une dizaine de kilos, mais j’y reviendrai un peu plus bas).
Nous débouchons au pied de la fameuse cheminée. Plusieurs solutions s’offrent à vous, nous avons choisi la plus simple: prendre sur la gauche, puis revenir facilement et presque à l’horizontale à la base de la cheminée. Et bonne nouvelle, un balisage rouge vous guide maintenant (merci à ceux qui ont eu cette idée !), donc aucune excuse pour ne pas trouver cette voie.
Vous pouvez aussi remonter directement de la grande diagonale à la base de la cheminée par une roche de couleur noire (II et attention aux chutes de pierre), ou bien passer par la droite pour rejoindre la cheminée (II voir II+).

Au pied de la fameuse cheminée, je propose une escalade facile permettant d’éviter les chutes de pierres et les éboulis pénibles. Comment ? En escaladant sur la gauche des rochers surplombants cette cheminée (II, II+). De bonnes et nombreuses prises vous font rejoindre plus haut la cheminée, dans sa partie la plus simple. Pour ceux qui choisissent la cheminée par sa base, vigilance maximum sur les premiers mètres: nous avons croisé un bonhomme tout pâle qui nous expliqua qu’un rocher énorme lui avait frôlé la tête (10 ou 20Kg).

Nous débouchons en haut de la cheminée en quelques minutes, puis nous pouvons enfin accéder au sommet après un peu plus de 5H00 de marche. Surprise, la structure métallique au sommet repose au sol (tempête ?). Pause déjeuner et débat sur le port du casque au sommet dans une bonne ambiance.

Retour par le même itinéraire, avec beaucoup de vigilance jusqu’aux lacs de Batcrabère. En haut du lac, j’ai failli écraser une marmotte (vraiment): cette dernière était derrière un rocher et aucunement sauvage !
Nouvelle pause au refuge, mais boissons fraiches pour nous cette fois-ci. Nous arriverons au parking après un peu plus de 11 heures de marche.

2 thoughts on “Balaïtous 3144m

  1. Guillaume

    Pas mal!
    J’étais au Balaïtous il y a quelques années, par la Grande Diagonale aussi.
    Mais la prochaine fois, j’y monterai par l’arête Packe-Russel, en dormant dans l’abri Michaud!

    Guillaume.

  2. Elkami Post author

    Merci Guillaume pour votre message.
    Nous voilà un projet commun, de notre coté, il va nous falloir investir dans un peu plus de matériel que des chaussures pour le réaliser en toute sécurité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *